Plus on observe Stefan Cooke, plus on est conquis par son talent pour la création de marque. Cela peut sembler un mince éloge, mais non : sa capacité à jouer chaque saison avec de nouvelles manières de suggérer son motif argyle à diagonales croisées est un vrai délice qui a su fédérer une communauté d'adeptes autour de lui.

Ceux-ci vont donc adorer le morceau de rail de train miniature en bois peint qu'il porte suspendu à un lacet en guise de collier dans sa dernière collection. Il l'a baptisé Oh Vienna ! Il faut y regarder à deux fois, mais on y retrouve la suggestion de ce motif.

Pour rappel, c'est celui que Cooke a si brillamment exploité à l'automne 2020, lorsqu'il a conçu son célèbre (auprès des initiés) pull argyle en espace négatif. Cette configuration se retrouve également dans les découpes en daim de ses sacs à l'épaule et sur le bout de ses chaussures.

Mais que vient faire Vienne dans tout cela ? Lors de sa séance photo pour le lookbook dans le gymnase d'une école primaire à Londres, Cooke a expliqué les origines de cette référence autrichienne et la présence de ces éléments de trains miniatures.

« C'est drôle, parce que je pensais beaucoup à ma mère qui est Viennoise », a-t-il déclaré. « La dernière fois que j'y suis allé, j'avais 15 ans je crois, et je suis allé y séjourner deux mois chez ma tante. Je me rappelle avoir joué avec des trains miniatures. »

« Et puis, ma famille est très portée sur les loisirs créatifs. J'ai l'impression que toute mon enfance en Autriche se résumait à ça : on sort la boîte de fournitures de loisirs créatifs, et on passe la journée à faire ça. Ce que je trouve vraiment sympa. »

Autre touche viennoise de cette saison, les souliers d'opéra en vernis noir qui paraissent décolletés mais intègrent une illusion de chaussette blanche en tissu élastique sur le dessus, formant une sorte de guêtre. Qui aurait imaginé que les guêtres feraient un jour leur retour ?

Pourtant, c'est le cas ici, et on peut confirmer qu'elles ont un look vraiment très cool. La collection de Cooke conserve cette fraîcheur anglaise et juvénile qui l'a toujours caractérisée, la moitié des pièces s'adressant désormais aux femmes.

En vérité, il est difficile d'y déceler un style d'Europe centrale très littéral, bien que la jupe rigide en vinyle à velcro puisse évoquer la forme d'un dirndl folklorique. Inutile d'insister trop lourdement sur ce point, car ce que l'on observe ici, c'est de la continuité, ce qui est une approche avisée.

Sa silhouette de jupe virevoltante s'est transformée en une robe zippée sur toute la longueur. Ses blousons aviateur adoptent l'allure bouffante d'un ensemble de survêtement des années 1980, en version nettement plus raffinée, bien entendu.