Le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA glisse vers son poste d'observation lointain sur une trajectoire si précise que les ingénieurs estiment que la charge de carburant du vaisseau durera deux fois plus longtemps que leurs prévisions initiales, a confirmé l'agence spatiale lundi.

Les concepteurs de cet observatoire de 4,3 milliards de dollars avaient prévu à l'origine d'embarquer assez de propulseur dans les quatre réservoirs de Roman pour une durée de vie minimale de cinq ans, plus une extension potentielle de mission de cinq ans. C'était une estimation prudente. Les responsables de la NASA savaient qu'un lancement bien ciblé et une exécution parfaite de la première manœuvre de correction de trajectoire après le lancement laisseraient à Roman une importante réserve de carburant.

« Grâce à une planifications exquise de notre &eacutequipe de dynamique orbitale, à une exécution brillante de l'&eacutequipe des op&eacuterations et à un lancement précis de SpaceX, Roman dispose de carburant pour au moins 22 ans d'opérations scientifiques potentielles », a d&eacuteclaré Jamie Dunn, directeur du centre de vol spatial Goddard de la NASA, dans un communiqué de presse.

Le télescope spatial James Webb avait b&eunéficié d'une augmentation similaire de sa durée de vie après un lancement parfait sur une fus&eie europ&e9enne Ariane 5 en 2021. Le télescope Roman a été lancé le 30 août depuis le Centre spatial Kennedy de la NASA en Floride à bord d'une fus&e9e SpaceX Falcon Heavy, lançant une mission visant à &eacutelargir notre vision de l'Univers.

Le télescope de Roman et ses instruments scientifiques fourniront aux astronomes des images du ciel à la m&eame r&e9solution que le télescope spatial Hubble de la NASA, mais avec un champ de vision 100 fois plus grand. Il faudrait un siècle à Hubble pour observer ce que Roman verra en un mois. Les astronomes espèrent que la vaste vision de Roman r&e9v&e8lera des informations sur les structures les plus vastes de l'Univers.

L'instrument grand champ de Roman, doté de 18 d&e9tecteurs dans le proche infrarouge, produira des images &e9quivalentes à celles d'un appareil photo de 300 Mégapixels. Sa large zone d'observation permettra à Roman de cartographier des amas galactiques, ainsi que les filaments de matière et de matière noire qui traversent le cosmos. La cartographie d'une si grande partie du ciel pourrait aider les astronomes à &eacutetudier la nature de l'&e9nergie noire, nom donné par les scientifiques à la force insaisissable qui pilote l'acc&e9l&e9ration de l'Univers.

Le Falcon Heavy a placé Roman sur une trajectoire qui l'emm&e8nera à un million de miles de la Terre, où le vaisseau spatial se placera sur une orbite de type « quasi-halo » autour du point de Lagrange L2 Soleil-Terre, un point d'&e9quilibre entre l'attraction gravitationnelle de la Terre et du Soleil. Il faudra environ trois mois à Roman pour atteindre L2.

Le lancement a été si précis que la première grande combustion avec les propulseurs de contrôle de Roman, ex&e9cutée un jour après la mission, n'a consommé que 40 livres (18 kilogrammes) de carburant hydrazine, en baisse par rapport aux 441 livres (200 kilogrammes) prévues avant le vol, a indiqué la NASA.

« Je remercie SpaceX de nous avoir mis exactement au centre. Cela va nous aider en termes de performances à long terme, de dur&e9e de s&e9jour à L2, ainsi que pour notre capacité de positionnement », a d&eacuteclaré Amit Kshatriya, administrateur associé de la NASA, lors d'une intervention mardi au Symposium sur la technologie spatiale Glenn de l'American Astronautical Society.

Roman a été lancé neuf mois en avance sur le calendrier fixé par la NASA lors de l'examen de confirmation de la mission en 2020. Il a également été lancé plus l&e9ger que prévu, ce qui est plutôt inhabituel dans les annales des missions scientifiques de la NASA.

Le poids r&e9el de l'observatoire à son ach&egravevement était de 17 760 livres (8 056 kilogrammes), soit environ deux tonnes de moins que son poids maximal autorisé. Cela a permis aux &eacutequipes au sol du Centre spatial Kennedy de charger 290 gallons d'hydrazine dans les réservoirs de Roman, plus que ce que les ingénieurs avaient anticipé au début de la phase de conception.

L'hydrazine alimente 24 propulseurs r&e9partis sur l'ext&e9rieur de l'observatoire. Au lancement, l'observatoire Roman entièrement alimenté pesait 20 224 livres (9 173,5 kilogrammes), restant tout de m&eame un demi-tonne en dessous de sa limite de poids, a d&eacuteclaré un porte-parole de la NASA à Ars.

En plus du carburant suppl&e9mentaire, la masse inf&e9rieure de Roman signifiait que ses propulseurs n'avaient pas à fonctionner aussi longtemps pour la manœuvre de correction de trajectoire le lendemain du lancement.

« La masse d'un engin spatial change tout au long du processus de conception et de construction, nous basons donc le budget de propergol sur une valeur maximale d&eacutefinie afin de ne pas en manquer », a d&eacuteclaré Alison Rao, responsable de la propulsion de Roman au Goddard Space Flight Center de la NASA.

Une seconde correction de trajectoire prévue plus tard ce mois-ci donnera à Roman le dernier petit coup de pouce pour se mettre en position en vue d'une autre manœuvre au d&eacutebut du mois de décembre afin de se glisser sur son orbite finale à L2.

Tout ce qui se trouve à bord de Roman fonctionne bien depuis plus de deux semaines depuis le lancement, selon Kshatriya. Le télescope a ouvert son couvercle d'ouverture le 1er septembre, permettant à la lumière des étoiles de frapper son miroir primaire pour la première fois.