Le mois d'août a été le mois le plus chaud de la planète jamais enregistré, couronnant un été particulièrement sombre en matière de records de chaleur. Avec le renforcement d'El Niño et la poursuite du changement climatique qui continue de faire grimper les températures, d'autres records sont probablement à prévoir jusqu'à l'année prochaine.

Les données de Copernicus, l'agence climatiques de l'Union européenne, montrent que le mois dernier a égalé juillet 2023 en tant que mois le plus chaud de la Terre. Juillet est également habituellement le mois le plus chaud de l'année.

Ce mois de juillet a également égalé celui de 2024 comme le deuxième juillet le plus chaud jamais enregistré, tandis que juin 2026 a été le deuxième juin le plus chaud jamais enregistré. Cette nouvelle fait suite à une annonce distincte faite mercredi par la National Oceanic and Atmospheric Administration, qui a déclaré qu'il s'agissait de l'été le plus chaud pour les États-Unis, battant un record précédent établi lors du Dust Bowl.

Cet été étouffant est le signe sombre de la façon dont la combustion des combustibles fossiles fait monter les températures à travers le monde tout en déclenchant des vagues de chaleur plus intenses et plus longues. « Le mois d'août 2026 a été un mois remarquable dans les archives climatiques mondiales », a déclaré dans un communiqué Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme.

« Combinées à des températures de surface de la mer mondiales records et à l'été le plus chaud jamais enregistré pour l'Europe occidentale, ces observations montrent comment le changement climatique entraîne des extrêmes à la fois dans l'atmosphère et dans les océans. Les impacts de ces conditions se font de plus en plus ressentir par les communautés, les économies et les écosystèmes du monde entier », a-t-elle ajouté.

La température moyenne mondiale pour le mois d'août était supérieure de 1,65 degré Celsius à la moyenne préindustrielle, selon Copernicus. Alors qu'il faisait chaud à l'échelle mondiale cet été, les impacts se sont manifestés avec des résultats dangereux et parfois mortels au niveau local.

Les chercheurs estiment que jusqu'à 35 000 personnes sont décédées pendant les vagues de chaleur en Allemagne, en France et en Espagne seulement cet été. Des incendies de forêt records ont également ravagé des régions d'Europe, déclenchant le premier nuage de feu documenté en France et menaçant un observatoire clé de la NASA en Espagne.

En Amérique du Nord, les incendies de forêt qui font rage au Canada et dans le nord des États-Unis ont rempli de fumée des zones de tout le Nord-Est. Le changement climatique a amplifié les températures de fond, mais le phénomène El Niño qui agite l'est de l'océan Pacifique a ajouté encore plus de chaleur.

Les épisodes El Niño coïncident généralement avec une hausse temporaire de la température mondiale comprise entre 0,1 et 0,2 degré Celsius. L'épisode El Niño de cette année devrait atteindre une force record et bouleverser la météo dans le monde entier.

Mais le plein impact sur la température de la planète ne se fera pas sentir avant l'année prochaine, ce qui signifie que l'été prochain pourrait être encore plus chaud que celui que nous venons de traverser. Les climatologues ont averti que le monde doit empêcher le réchauffement moyen à long terme de dépasser 1,5 degré Celsius pour éviter les pires impacts du changement climatique.

Bien que des températures supérieures au seuil pour un seul mois ne représentent pas un dépassement permanent de cette température, elles indiquent que le monde se rapproche de ce repère. Plus tôt ce mois-ci, l'ONU a averti dans un rapport que le monde devrait franchir le seuil de 1,5 degré Celsius d'ici quelques années.

Pour ralentir et finalement inverser la hausse des températures mondiales, le monde doit cesser de brûler des combustibles fossiles et réduire ses émissions de carbone. « La chaleur torride, les incendies de forêt et les inondations meurtrières de cet été sont un avertissement de ce qui nous attend », a déclaré le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, dans un communiqué.

« Nous devons rendre le dépassement au-dessus de 1,5 degré aussi petit et court que possible. Cela exige un dépassement d'ambition », a-t-il conclu.