Guerre Iran-États-Unis : Téhéran pose ses conditions pour la paix, fumée noire à l'aéroport de Riyad
L'Iran a transmis à Donald Trump ses conditions pour reprendre les négociations de paix, tandis que des tensions et des attaques de missiles touchent l'Arabie saoudite.
À retenir
- L'Iran a présenté ses conditions pour mettre fin à la guerre, exigeant la fin des combats sur tous les fronts, le dégel de ses fonds et la levée du blocus...
- Une fumée noire a été aperçue près de l'aéroport de Riyad après une apparente tentative d'attaque au missile interceptée par l'Arabie saoudite.
- Le département d'État américain a renouvelé son alerte de voyage pour le Moyen-Orient.
- Donald Trump a écourté son séjour à Camp David pour regagner Washington.
- La banque JP Morgan indique ne plus pouvoir modéliser l'évolution des prix du pétrole en raison de l'incertitude du conflit.
L'Iran a exposé à Donald Trump ses conditions pour réengager des négociations visant à mettre fin à la guerre avec les États-Unis, a déclaré le chef de la sécurité Mohsen Rezaei. Les conditions comprennent la fin de la guerre sur tous les fronts, le dégel des fonds iraniens et la fin du blocus naval, a indiqué Rezaei dans une interview accordée à Al Jazeera. Les discussions avec les médiateurs qataris et pakistanais sont en cours, a-t-il ajouté, alors que les délégations s'efforcent de mettre un terme à l'impasse qui a fait durer la guerre au-delà de la barre des six mois.
Cette annonce intervient dans un contexte de craintes d'élargissement de la guerre dans la région, alors que la violence entre les rebelles houthis, alignés sur l'Iran, et l'Arabie saoudite s'intensifie. Un important panache de fumée noire a été aperçu près du principal aéroport de Riyad samedi après que des détonations ont été entendues. L'Arabie saoudite a envoyé des alertes pendant la nuit mettant en garde contre un danger potentiel autour de la capitale et de la ville d'Al-Kharj, avant de lever l'alerte samedi matin.
Les houthis, qui contrôlent les zones les plus peuplées du Yémen et une grande partie du nord, lancent des attaques contre l'Arabie saoudite depuis qu'ils ont déclaré un blocus naval contre Riyad en juillet, avec des frappes ciblant les navires saoudiens en mer Rouge. La Turquie a déclaré qu'elle pouvait aider à répondre aux besoins militaires saoudiens dans le cadre d'un pacte de défense.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré samedi que l'Arabie saoudite pourrait avoir des besoins militaires en raison des attaques continues des houthis du Yémen et que la Turquie était prête à aider dans le cadre d'un pacte de défense trilatérale qui comprend également le Pakistan. L'accord de défense conjointe, baptisé "Accord de défense conjointe de la Mecque", signé le mois dernier, stipule qu'une attaque armée contre l'un des trois pays sera considérée comme une attaque contre l'ensemble d'entre eux.
Le Département d'État américain a renouvelé samedi une alerte de voyage générale pour les Américains se trouvant ou voyageant au Moyen-Orient, avertissant que le conflit avec l'Iran "a le potentiel de s'intensifier rapidement". Le président Donald Trump a écourté son séjour à Camp David et est rentré à la Maison-Blanche samedi soir, un jour plus tôt que prévu, alors que son administration pèse ses prochaines étapes dans la guerre.
L'Arabie saoudite a déclaré samedi que les rebelles houthis du Yémen avaient tenté d'attaquer Riyad avec un missile balistique, pour la première fois que la capitale saoudienne est visée depuis l'ouverture de ce nouveau front. Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné vendredi soir les attaques de missiles des houthis contre l'Arabie saoudite et les navires commerciaux.
Des centaines de milliers d'Iraniens sont descendus dans les rues de Téhéran vendredi lors d'une manifestation gouvernementale massive, s'engageant à prendre les armes dans la plus grande démonstration depuis le début de la guerre en février. Parallèlement, la banque d'investissement JP Morgan a admis qu'elle peinait à modéliser la réaction des prix du pétrole face à la guerre, déclarant ne pas savoir comment modéliser l'issue finale.
La ministre des Affaires étrangères du Yémen, Afrah al-Zouba, a affirmé dans une interview publiée vendredi que le Yémen n'est pas une monnaie d'échange iranienne et que son avenir doit être décidé par les Yémenites à travers leur propre processus politique.